Que nous réservent les Journées du Management Culturel 2019 ?

23/09/2019

Cette année encore, Mon cher Watson est partenaire des Journées du Management Culturel et nous en sommes ravies.

 

En 2017, Muriel Zisman nous avait présenté ces deux journées d'études et d'échanges pour les professionnels de la culture, organisées par l'Université Paris-Dauphine.

Les 7 et 8 octobre prochain aura lieu la 4ème édition des Journées du Management Culturel à la Maison des Métallos à Paris. Cette année, le thème central sera la transition... écologique, managériale, numérique, professionnelle ou encore inter-culturelle.

Mon cher Watson a rencontré Anaïs Mekki, coordinatrice de l'événement, et Stéphanie Aubin, directrice de la Maison des Métallos. Elles nous expliquent la programmation de ces rencontres riches en rencontres et contenus inspirants.

 

 

- Bonjour Anaïs, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?
Après une licence d'histoire de l'art et un master 1 à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, j'ai souhaité donner une orientation opérationnelle à mon parcours universitaire très scientifique, grâce au master Management des organisations culturelles de Paris Dauphine. C'est au cours de cette formation, que j'ai découvert les Journées du management culturel. Je suis actuellement étudiante en Master 2 Affaires publiques à Sciences Po Paris.



- C'est la 4ème édition des Journées du Management Culturel (JMC), quelles en sont les caractéristiques ?
Les JMC19 en chiffres : 12 tables rondes, 8 ateliers, 70 intervenants? Nous attendons de 250 à 300 participants.

 

 

Cette année, l'équipe des Journées du Management Culturel a construit le programme autour de 3 volontés affichées :

  • La volonté d'une interactivité accrue

En effet, les JMC souhaitent cette année donner davantage d'espace au public et libérer la parole. Nous avons complètement exclu le format conférence, où un seul intervenant vient prêcher la bonne parole. La majorité du contenu est bien entendu couvert par le format table ronde classique, où des intervenants qualifiés viennent confronter leur point de vue. Toutefois, cette année, nous avons choisi de faire la part belle aux ateliers de pratique : réflexions personnelles, avec notamment Profil Culture Conseil qui propose de réfléchir à sa transition professionnelle ; réflexions collectives, avec des ateliers pratiques sur nos métiers d'administrateurs face aux outils numériques ; enfin réflexions institutionnelles, pour penser la transition de son image en tant qu'organisation.  Les ateliers ont pour objectif d'offrir un espace privilégié pour cette parole retrouvée et surtout pour prendre du recul sur son activité.

 

  • La volonté d'impliquer nos partenaires dans la programmation

Afin de donner plus de sens à notre événements, il nous semblait important d'impliquer nos partenaires dans la programmation et ce dès les premiers pas d'une longue course. La Maison des Métallos en premier lieu qui accueille l'événement a assisté et participé activement à toutes les réunions de programmation, et a toujours été force de proposition. Les partenaires ont également été impliqués dans la construction des ateliers cités ci-dessus.

 

  • La volonté de mettre le phénomène de transition en avant

Le fil rouge des JMC 2019, qui a guidé les discussion de l'équipe programmation, est : Quelles transitions ?

Je dirais que le mot transition était toujours dans l'air au cours de nos réunions. Mais que nous avons mis un certain temps avant de mettre des mots dessus. D'une certaine manière c'est un peu à l'image de ce que l'on a essayé de rendre dans la programmation des JMC c'est-à-dire : un nouveau vent souffle sur le secteur culturel, il y a du changement dans l'air. Nous avions donc tous une volonté commune de réfléchir sur ce sujet et surtout de comprendre les mécanismes qui sont à l'œuvre, dans tous les secteurs qui composent la culture, mais aussi dans tous les métiers. C'est comme une sensation qu'un nouveau mouvement anime la culture, et nous avions envie d'analyser ce phénomène, de rencontrer des personnes qui sont acteurs de ce mouvement depuis des années, ou depuis peu, de susciter l'inspiration, et peut-être de créer de nouvelles vocations, de trouver de nouveaux acteurs de ces transitions dans nos participants. Dès lors, les JMC sont en quelque sorte un lieu de transmission de ces transitions.

 Atelier Communication numérique - JMC17

 

 

- Parmi les thèmes abordés, vous parlez de transition écologique. En quoi la culture est-elle concernée ?

Le développement durable est au cœur des sujets des JMC 2019. Notamment à travers 3 tables rondes qui auront lieu le premier jour, mais aussi dans nos actions logistiques. En effet, nous souhaitons au maximum organiser un événement éco-responsable. Et cet engagement passe en premier lieu par les repas partagés à midi, qui se feront dans le respect de la nature.

Nous pensons que la culture est concernée au plus haut point par la transition écologique, notamment parce qu'une des principale mission du contenu culturel, de manière générale, est d'essayer "d'éduquer" le citoyen et surtout de lui offrir une vision d'un monde, ou d'un écosystème qu'il ne connait pas. Il s'agit dès lors de montrer l'exemple. C'est ici que nous retrouvons l'idée de responsabilité culturelle.

Une des 3 table ronde est basée sur l'idée du lien entre le public et l'organisation structurelle. Aujourd'hui, la culture est quelque chose de profondément personnel, et le public s'identifie beaucoup à ses artistes ou à ses structures préférées. Ainsi, s'il se sent concerné par la transition écologique, et qu'il souhaite s'impliquer dans une démarche vertueuse pour l'environnement, le public pourra reproduire ces gestes et bonnes pratiques. C'est également l'occasion d'une prise de conscience collective, transmise par une organisation culturelle, en qui le public a confiance. Il est dès lors de la responsabilité des artistes et des institutions culturelles de montrer le "bon exemple'".

Enfin, la transition écologique est peut-être, et surtout, un état d'esprit. Elle ne doit pas être imposée, mais elle doit être choisie. C'est pourquoi nous pensons que la meilleure façon de créer un déclic et une prise de conscience est de faire venir des personnes qui se sont lancées dans l'aventure, et qui pourront inspirer les participants des JMC : une table ronde spécialisée dans le spectacle vivant et une key note, animée par Nicolas Bel fondateur de Topager, ont été construites à cet effet.

 

 

 

Nouveauté 2019, les Journées du Management Culturel se tiendront à la Maison des Métallos, dans le 11ème arrondissement de Paris. Plus qu'un simple accueil, toute l'équipe de l'institution a participé à la création du contenu des tables rondes et ateliers qui se dérouleront pendant ces  deux journées. Une façons de promouvoir la collaboration entre les professionnels de la culture dans l'élaboration des ces journées d'études et de partage.

Stéphanie Aubin, directrice de la Maison des Métallos, interviendra le mardi 8 octobre matin pour une table ronde "Dans une volonté de vivre et penser autrement son activité professionnelle, les gouvernances collectives ou partagées permettent-elles un juste rééquilibrage dans les répartitions de responsabilité, prise de décision et travail en commun ?" ainsi que dans un dialogue avec l'orchestre Les Dissonnances.

Rencontre. 

 

 

 

- Cette année, La Maison des Métallos, que vous dirigez, accueille les JMC. Quel intérêt pour vous ?

Il est dans l'ADN de la Maison des Métallos de faire le lien entre l'art et les questions de société. Aujourd'hui, le secteur culturel est un secteur en mutation, en "transitions". C'est d'ailleurs le cœur du projet que nous défendons aux Métallos : l'art peut être une ressource avant d'être un bien de consommation. Il faut décloisonner l'art. Vivre "une autre expérience de l'art pour imaginer demain". Dans notre façon de penser, de travailler nos relations aux artistes ou aux publics, il est possible d'imaginer d'autres modèles plus en adéquation avec ce que nous vivons. 

Ces nouveaux modèles questionnent les professionnels de la culture mais pas uniquement et il nous semblait judicieux de partager nos réflexions et expériences collectivement pendant ces deux jours.

 

- Vous intervenez notamment sur la transition managériale durant ces deux jours. Pouvez-vous nous expliquer l'importance de ce sujet dans le secteur culturel ?

C'est un des points que nous expérimentons à la Maison des Métallos avec notre projet. Chaque mois, un artiste ou une équipe artistique investit les lieux : ce sont les CoOperatives artistiques. Nous co-construisons avec elle et l'équipe de la Maison la programmation pour le mois. Nous partageons une démarche artistique commune et inédite. 

Cela impacte bien évidemment nos repères, nous expérimentons d'autres économies humaines, financières (nous ne "vendons plus" un spectacle au coup par coup) et artistiques (d'autres formes de passerelles sont inventées avec les publics). Non seulement c'est notre modèle structurel qui est interrogé mais aussi notre modèle économique. Un rapport plus horizontale s'instaure alors entre les équipes de la structure, les artistes et les publics.

 

 

 

Nous remercions Anaïs Mekki et Stéphanie Aubin pour cet éclairage sur le programme des Journées du Management Culturel 2019. 

 

  • Le programme complet est disponible sur le site Internet de l'événement.

  • Pour vous inscrire, c'est par ici ! Nous aurons grand plaisir à vous rencontrer au détour d'une table ronde ou d'un atelier les 7 et 8 octobre prochains !

 

Copyright du portrait de Stéphanie Aubin : Arnaud Baumann.

 

Lire les enquêtes de Watson sur les Journées du Management Culturel 2017.

 

 

 

 Lire l'article précédent : "Vaux-le-Vicomte : pas de transmission sans conservation !"

 

 

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