Y a-t-il un lien entre art et BTP ?

01/09/2019

Si le lien entre patrimoine et BTP est une évidence, notamment lorsque l'on parle de restauration ou de mécénat, le lien entre art et BTP peut paraître plus ténu. Et pourtant !

 

Mon cher Watson a rencontré Hervé Le Bouc, PDG du groupe Colas, spécialiste de la route, mais également activement engagé dans la fondation éponyme de l'entreprise. A travers cette fondation, il soutien l'art et la création notamment les peintres, les musiciens et les danseurs. Concrètement, ça donne quoi ?

 

 

 

- Bonjour M. Le Bouc, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

J’ai débuté comme ingénieur travaux dans le groupe Colas, puis j’ai été nommé directeur d’agence, avant de rejoindre Bouygues Offshore et ensuite la Saur, que j’ai dirigées. En 2007, je suis revenu chez Colas, comme PDG. Au total, j’ai passé 26 ans dans ce Groupe, qui revêt une forte dimension humaine. J’y suis très attaché.

Colas est un leader mondial de la construction et de la maintenance des infrastructures de transport. L’innovation est inscrite dans nos gènes et nous nous sommes fixé pour mission d’imaginer et de construire la mobilité responsable du futur.

 

 

- Quel est votre rapport personnel à l’art ?

Très simplement, j’aime ce qui est beau à voir ou à entendre, j’aime ce qui est émouvant. Qu’il s’agisse de peinture, d’architecture, de photographie, de musique ou encore de danse, l’art est porteur de beauté et d’émotion. C’est ce rapport à l’art que je souhaite partager au sein même de l’entreprise.

Quand je suis revenu chez Colas, j’ai décidé de continuer sur la voie de mon prédécesseur, Alain Dupont, qui avait créé la Fondation Colas, dédiée à la peinture, au tout début des années 1990. Et j’ai mis en place un autre axe de mécénat artistique, "Colas en Scène", pour la musique et la danse. C’est ainsi que, par exemple, nous avons soutenu à ses débuts Gauthier Capuçon, violoncelliste aujourd’hui mondialement reconnu, ou encore, pendant dix ans, la Compagnie de danse Akram Khan, qui jouit maintenant d’une notoriété internationale.    

 

2018 - Eric Corne, "Les traversées incertaines" - 150x150 cm.
© COLAS - Jean-François Fanet

 

 

- Quel est le rôle de la Fondation Colas ?

La Fondation Colas joue un double rôle. Un rôle de mécène tout d’abord, dans la mesure où elle soutient et promeut la peinture contemporaine. Elle est ouverte à la fois aux jeunes talents et aux artistes plus connus. Notre volonté, en particulier, est d’aider les jeunes artistes à éclore, à pousser plus loin leur créativité et à renforcer leur notoriété. Il s’agit d’une démarche avant tout humaine. Très vite, la Fondation a été récompensée par un oscar du mécénat. En plus de 25 ans, elle a distingué quelque 350 artistes venant de toutes les régions du monde. Aujourd’hui, elle reçoit chaque année plus de 200 dossiers de candidature. Ce succès est un véritable gage de reconnaissance.

Parallèlement, la Fondation a vocation, en interne, à sensibiliser à l’art l’ensemble des collaborateurs du groupe Colas. L’art est une nourriture nécessaire au bien-être de chacun. Pourquoi pas le faire entrer dans l’entreprise ? La Fondation a également vocation à fédérer autour d’un vecteur culturel universel nos 60 000 collaborateurs dispersés sur les cinq continents, dans plus de 50 pays. Les toiles de la collection constituent un trait d’union entre des identités et des cultures extrêmement variées. 

 

2018 - Dorian Cohen, "Départ en vacances" - 150x150 cm.
© COLAS - Jean-François Fanet

 

 

- Vous organisez tous les ans un concours avec une sélection d’une dizaine de peintres. Pouvez-vous nous expliquer le concept et l’intérêt pour Colas ?

La démarche de la Fondation s’inscrit dans la tradition du mécénat artistique. Chaque année, la Fondation lance un appel à concourir sur dossier. Un jury, composé de personnalités du monde de l’art ainsi que de collaborateurs, sélectionne une dizaine d’artistes de différentes nationalités. Chaque lauréat reçoit alors commande d’une toile à réaliser sur le thème de la route, métier historique de Colas. Hormis ce sujet imposé qui renforce le lien entre la Fondation et l’entreprise, toute liberté d’expression est laissée aux artistes. Parmi les 350 "Routes de l’imaginaire" peintes pour la Fondation depuis sa création, pas une ne ressemble à une autre. Chaque collaborateur du Groupe peut ainsi se les approprier - ou non ! - en fonction de ses goûts artistiques.

Le vernissage de la sélection annuelle permet à celles et ceux qui travaillent au siège de rencontrer les artistes. Puis les toiles sont accrochées dans les espaces de travail et de réception du Groupe, à Paris comme dans les filiales, et ce dans toutes les régions du monde où Colas est implanté. La règle est que ces toiles voyagent d’un continent à un autre, d’une filiale à une autre. Leur exposition à la fois permanente et nomade confère couleur et singularité à nos lieux de travail. La collection est rarement exposée hors les murs. Elle le fut néanmoins, en partie, à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris à l’occasion des 20 ans de la Fondation en 2012.   

 

2018 - Larissa Fassler, "Havana I (parque Linea y L)" -125x205 cm.
© COLAS - Jean-François Fanet

 

 

- Art et BTP, quel est le lien entre les deux pour vous ?

L’art et la route sont deux univers qui invitent au rêve, au voyage, à la rencontre de l’Autre, et qui relient les hommes entre eux. Tous deux ouvrent des voies d’exploration, jettent des ponts, favorisent les échanges, sont propices au dialogue. Ils partagent la même vocation : inventer, créer, construire de nouveaux chemins. Nous avons voulu la Fondation Colas comme un symbole de ce lien.

 

 

 

Merci à Hervé Le Bouc d'avoir répondu à nos questions ainsi qu'à Pascale Cayla pour son aide dans la réalisation de cette Enquête.

 

 

Lire d'autres enquêtes sur le lien entre art et entreprise et sur le mécénat

 

 

 

 

Lire l'Enquête précédente : "3 questions à... Château de Breteuil"

 

 

 

 

 

 

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