CulturMoov met le digital au service des arts et de la culture

La révolution digitale entraîne dans son sillage de formidables innovations pour le secteur culturel. Parmi la multitude des solutions numériques développées pour l’aide à la visite, l’accessibilité, la pédagogie ou encore l’immersion expérientielle, nous suivons depuis quelques temps l’aventure de CulturMoov, concepteur de mini-expositions virtuelles.

 

C’est avec la caution scientifique de son fondateur, docteur en archéologie, Romain Prévalet, que CulturMoov développe des offres à destination des musées et sites culturels, comme des collectivités. Son moteur ? Connecter les lieux de patrimoine et leurs publics, les territoires et leurs habitants.

 

Alors, si on faisait sortir le patrimoine de sa réserve ? Entretien avec Romain Prévalet.

 

- Bonjour, pouvez-vous nous présenter votre parcours et la création de la start-up CulturMoov ?

Il y a trois ans, j’ai soutenu une thèse de doctorat en archéologie et sciences de l’Antiquité à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Mes recherches portaient sur les savoir-faire des premiers bijoutiers en Méditerranée Orientale, à l’âge du Bronze, période de grandes innovations dans les métiers d’art. J’ai redécouvert des procédés et des gestes artisanaux aujourd’hui disparus ou inconnus. Cette passion pour les métiers d’art anciens m’a poussé à mettre en place des moyens de préservation et de transmission afin de les faire revivre dans notre société. Depuis, je travaille avec des écoles, des artisans, des créateurs et des maisons de luxe pour sensibiliser le monde de l’art et de la création.

 

Aujourd’hui, j’ai toujours des activités de recherche au sein du CNRS, mais ce qui m’importe le plus est de rendre accessibles et exploitables par le plus grand nombre les patrimoines. Mon statut de guide-conférencier national et d’expert agréé me permettent notamment d’animer des ateliers de médiation ou de sensibiliser les professionnels aux enjeux de la valorisation. Mais cela ne suffit pas pour toucher des publics aux profils divers, a priori pas forcément attirés ou intéressés par le patrimoine. C’est pourquoi j’ai souhaité intégrer la dimension numérique dans les méthodes et les stratégies que j’utilisais auparavant. J’ai monté une petite équipe pluridisciplinaire, trouvé des partenaires techniques directement dans le milieu de la recherche et nous avons lancé le projet CulturMoov. L’ambition est de renouveler les expériences de visite culturelle et touristique et de redonner une image plus attractive et plus accessible aux lieux de patrimoine.

 

- Vous proposez une expérience de visite unique en son genre : la mini-exposition virtuelle. De quoi s'agit-il ?

CulturMoov propose un nouveau concept d’expérience de visite, virtuelle, qui se base sur les nouvelles pratiques digitales et sociales. Les visites virtuelles que nous concevons sous forme de "mini-expositions" sont brèves, c’est-à-dire qu’en deux minutes, voire moins, il est possible de découvrir une œuvre ou un lieu à travers un point de vue nouveau ou décalé ou, en tous cas, de sorte à ce que chacune et chacun se l’approprie.

 

Aperçu d'une mini-exposition CulturMoov

 

Les sujets et thèmes proposés sont sélectionnés pour offrir une résonance particulière, émotionnelle, artistique ou même sociale dans la vie des gens. C’est la méthode du storytelling que nous privilégions pour raconter ces histoires appropriables. Nos visites virtuelles sont évidemment interactives et ludiques, elles intègrent aussi bien des technologies de l’image comme la 3D, le zoom dynamique ou la micro-photographie par exemple, que des jeux et des fonctionnalités de partage, de diffusion et de géolocalisation.

Le design des parcours de visite et de nos interfaces de navigation joue également un rôle fort puisque nous nous basons régulièrement sur les codes du design émotionnel et des réseaux sociaux.

En plus, chacune de nos expériences est cross-média et multiplateformes, ce qui fait des mini-expositions des outils puissants de médiation culturelle, de valorisation patrimoniale mais aussi de communication digitale.

 

C’est clairement une innovation d’usage, très simple mais nouvelle et donc elle nécessite de la pédagogie et de l’expérimentation. Je prends souvent en comparaison la vidéo : nos mini-expositions fonctionnent comme une vidéo mis à part qu’elles sont interactives et ludiques grâce à des points d’intérêts cliquables et à une navigation intuitive qui rend l’utilisateur totalement acteur de sa visite.

 

- Pour un musée, quelle est la valeur ajoutée de cette solution de médiation numérique ?

Nos expériences de visite virtuelle permettent, par exemple, d’animer très simplement les espaces d’exposition autour d’outils numériques qui connectent les visiteurs d’un musée avec les œuvres ou le lieu. C’est la solution idéale pour réaliser des cartels interactifs présentant une œuvre par l’éveil des sens, la sensation de la prise en main par exemple, ou en faisant parler l’objet de vitrine, en tournant autour, ou en immergeant le visiteur dans le lieu de découverte de l’artefact exposé.

 

Cela permet aussi de réaliser des parcours de visite originaux des expositions ou des collections temporaires avec la possibilité d’enrichir régulièrement les supports de médiation (toutes nos applis sont évolutives et modulables). Par ailleurs, le caractère cross-média permet aussi de rendre visible une exposition ou une œuvre directement sur le web ou sur les réseaux sociaux, permettant à tous de consulter gratuitement les expériences de visite et de les rendre virales.

 

C’est très complet et c’est particulièrement adapté aux institutions, lieux touristiques, musées, etc. qui souffrent de visibilité ou qui peinent à innover faute de moyens. Je pense en particulier aux Musées de France qui n’ont pas de site internet dédié ou aux différents labels qui présentent tous des trésors, mais malheureusement trop peu connus.

 

Nos solutions répondent également aux problématiques scientifiques et logistiques des musées : elles permettent par exemple de manipuler une œuvre fragile, de reconstituer un objet cassé, d’illustrer de manière inédite une œuvre rare ou les milliers d’objets des réserves. Les dispositifs que nous concevons sont très souples et ont été pensés pour s’adapter au mieux aux contraintes des institutions pour renouveler l’expérience des visiteurs à moindre coût et toucher de nouveaux publics. Tous les contenus sont réalisés en itération avec les musées et la pédagogie guide clairement notre démarche.

 

Démo de la mini-expo virtuelle "Médaille du Val-de-Grâce" du Cabinet des médaille, BnF.

 

Nous nous adressons également à des villes, des offices de tourisme ou des communautés d’agglomération pour dynamiser l’attractivité de leur territoire, ou encore à des lieux souvent difficiles d’accès comme les archives départementales, les sites archéologiques, les espaces protégés, et même les entreprises souhaitant davantage inviter le public à découvrir les coulisses de leur univers.

 

- Vous avez expérimenté le dispositif CulturMoov dans l’espace public : quel est l’avenir de ce concept ?

Nous avons expérimenté un premier dispositif dans l’espace public pour tester notre concept directement auprès d’une audience variée. Ici, l’idée est de sortir la culture et le patrimoine des musées en allant à l’encontre des citoyens et des touristes, là où ils se trouvent, circulent et consomment (transports en commun ou centres commerciaux par exemple). Cette expérimentation menée avec la Ville de Paris et JCDecaux a permis de mettre en lumière sur les écrans tactiles des abribus des collections rarement visibles provenant de la BnF, de l’Institut du Monde Arabe et du Musée de Minéralogie Mines ParisTech. Les retours ont été très positifs avec notamment près de 90% des utilisateurs ayant trouvé les expériences de visite enrichissantes, plus que pendant les visites classiques, et souhaitant vivre de telles expériences directement dans un musée.

 

Dans la continuité de ce projet, nous souhaitons aujourd’hui aller plus loin en créant de nouveaux partenariats avec différents opérateurs (gares, aéroports, médiathèques, tiers-lieux, zones de shopping, etc.), institutions et smart cities. Nous tentons de donner plus de place à la culture au quotidien, à l’instar de la pub, en intégrant la signalétique, les panneaux d’affichage, les vitrines des boutiques vides, pour repenser la ville. Nous travaillons dans une démarche de développement durable où la culture et le patrimoine servent de vecteurs à la co-construction des usages, des mobilités et des espaces de vie et de travail. Actuellement, nous avons en ce sens un projet avec la ville de Saint-Denis et le territoire de Plaine Commune.

 

- Pouvez-vous nous présenter l’appli grand public CulturMoov qui sera disponible dès octobre 2017 ?

Nous lançons cette application dédiée à la découverte des patrimoines invisibles et inconnus de France pour mettre en lumière les innombrables trésors culturels, architecturaux, historiques, immatériels ou naturels de nos régions. Elle a aussi pour ambition d’offrir aux musées et aux sites culturels et touristiques peu visibles un outil inédit pour communiquer de manière attractive sur leurs collections et leurs activités. Cette appli sera aussi bien accessible sur mobile que sur le web et permettra de partager les expériences de visite sur les réseaux sociaux pour toucher de nouveaux publics, notamment les jeunes.

 

 L'application mobile CulturMoov sera accessible gratuitement à partir d'octobre 2017

 

Elle proposera aussi de se constituer son propre musée virtuel pour partager ses plus belles expériences avec son entourage. Pour le lancement de la première version en français (version en 4 langues prévue en 2018), nous proposerons une cinquantaine de visites virtuelles. Mais pour offrir quotidiennement des contenus attractifs, nous envisageons d’intégrer progressivement de nouvelles expériences chaque semaine. Les possibilités d’utilisation de cette appli sont énormes pour les institutions qui auront accès à un espace personnalisé et sécurisé leur permettant de créer leurs expériences en toute liberté et à leur rythme. Pour les publics, c’est l’appli qui les accompagne de chez eux à l’œuvre ou au lieu qu’ils souhaitent découvrir pour programmer une visite ou un voyage ou découvrir en avant-première les expositions à venir. 

 

Merci Romain pour cet entretien !

 

Retrouvez toutes les informations pratiques sur le site web de CulturMoov, les actualités sur Facebook, Twitter et LinkedIn et les dernières vidéos en ligne sur la chaîne Youtube dédiée.

 

Vous souhaitez rendre visible votre institution ou votre site culturel sur l'appli CulturMoov ? Contactez-les pour en savoir plus !

 

 

Lire l'article précédentQuand un dessin vaut mieux qu'un long discours : les illustrations de "LaTchi", interview de Cibee Rakotoariosa.

Please reload

Les enquêtes de Watson

Le blog qui remet

la culture en question(s)

Newsletter
Articles à la Une
Please reload

Please reload

Archives
Vous en demandez encore ? Vous aimerez aussi :
Please reload