Entreprendre dans la culture, les conseils de Camille Alcover

07/11/2016

Entreprendre dans la culture est un grand défi. Avoir une idée, choisir un statut, définir son business plan et son offre de service, autant de questions que se posent les porteurs de projets, et qui ne sont pas toujours faciles à résoudre.

La French Team fait partie de ces entreprises qui aident les porteurs de projet à mettre en place leurs objectifs et à démarrer leur business. Mon cher Watson a rencontré Camille Alcover, co-fondatrice de La French Team pour en savoir plus sur les aides à la création d'entreprise dans le secteur culturel.

 

- Bonjour Camille, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ? 

Après un parcours en école de commerce (ESSEC), j'ai commencé ma carrière dans le conseil en stratégie, au Boston Consulting Group. Puis j'ai souhaité évoluer vers des postes où je pourrais avoir un impact plus opérationnel sur les projets, et j'ai donc rejoint la direction de Philips aux Pays-Bas, avant de m'installer à Berlin pour lancer et diriger la filiale française d'un groupe allemand (Juwelo). Là-bas, j'ai rencontré Aurélien Guillois et après quelque temps nous avons décidé d'allier nos compétences très complémentaires et de nous associer pour lancer la French Team, qui est une agence de conseil, de formation et d'événementiel à destination des professionnels de la culture. Nous avons aussi amplifié le développement de Cultureveille en tournant résolument le média vers les nouvelles pratiques dans la culture et en développant nos propres sujets.

 

 

- Vous êtes CEO de la French Team, quelles sont ses missions ?

Le monde de la culture mérite ce qu'il y a de meilleur dans les milieux "business". La French Team s'est donné pour mission d'accompagner les professionnels de la culture dans leur développement, notamment en leur permettant de se saisir des dernières méthodes et technologies disponibles. Nous nous adressons aux entrepreneurs, aux écoles, aux établissements culturels... Nous les aidons à faire connaître leurs actions, diffuser leurs valeurs, trouver des partenaires... En bref, renforcer leur activité. 
Concrètement, pour donner quelques exemples, nous développons des modules d'entrepreneuriat culturel (basés sur les méthodes utilisées par les startups) à destination des écoles d'art et de management des métiers culturels, afin qu'ils puissent proposer de nouveaux débouchés à leurs étudiants. Ou encore, nous aidons les entrepreneurs de la culture (via du mentorat, du conseil ou des prestations sur mesure) à acquérir de nouveaux clients grâce à Internet ou à convaincre de nouveaux partenaires, à lancer de nouveaux projets...

Startup Weekend 2016 organisé par La French Team

 

- Quels sont les obstacles les plus fréquemment rencontrés par les entrepreneurs culturels ?

Déjà, tous les obstacles habituellement rencontrés par les entrepreneurs, quel que soit leur champ d'action ! Définir un modèle qui ait de vraies chances de succès, survivre aux premières années, trouver les premiers clients, rebondir après les premiers échecs... 
A ceci s'ajoute une difficulté supplémentaire, c'est celle d'une filière qui a longtemps vécu un peu repliée sur elle-même et qui s'ouvre aujourd'hui, mais souffre encore de certains préjugés. Par exemple, allez convaincre une banque de vous prêter de l'argent en tant qu'entrepreneur culturel ! C'est déjà difficile en tant qu'entrepreneur ; mais si vous venez de la culture, les investisseurs se disent "la culture, ce n'est pas rentable". Difficile dans ces conditions de les convaincre d'investir !
Par ailleurs, les entrepreneurs de la culture - et c'est une très bonne chose - sont souvent particulièrement sensibles aux questions du sens de leur action, de l'intérêt général. Du coup, ça a aussi des répercussions sur la manière dont ils conçoivent leur propre gouvernance, leur relation avec la notion même de profit... C'est une difficulté qu'ils doivent apprendre à gérer.

 Atelier Business Model Canvas Culture

 

- Avez-vous un conseil à donner à tous ceux qui voudraient se lancer dans l'aventure entrepreneuriale culturelle ?

Oui. Parlez de votre projet, et soyez à l'écoute des retours qui vous sont faits. Les entrepreneurs sont souvent un peu paranoïaques quant à la possibilité de se faire "piquer" leur idée. Cette crainte est normale, mais le risque est terriblement surévalué : un projet, ce n'est pas seulement une bonne idée, c'est surtout un (ou des) porteur(s) de projet prêt(s) à tout pour la défendre, des compétences spécifiques, un réseau... Demandez des conseils, n'ayez pas peur de solliciter des rendez-vous avec d'autres entrepreneurs : il y a une véritable bienveillance entre créateurs d'entreprise.
N'hésitez pas également à évoquer votre projet avec des gens qui ne viennent pas du monde de la culture, on ne sait jamais d'où viennent les bonnes idées ! Inspirez-vous des modèles qui ont fait la réussite d'entrepreneurs dans d'autres domaines. J'ai vu des entreprises culturelles au modèle "classique" faire des miracles dans leur domaine en appliquant simplement les recettes qui sont connues depuis longtemps dans d'autres. C'est une vraie opportunité de se démarquer de ses concurrents et de gagner en efficacité.

 Séance de travail lors du Startup Weekend Culture

 

- Créer une entreprise qui aide des porteurs de projet à monter la leur, ce n'est pas un peu redondant ? 

Si seulement... Si tous les porteurs de projet avaient déjà toutes les réponses, en effet ma mission serait caduque. Je ne sais pas si j'en serais ravie pour moi, mais je serais en tous cas contente pour eux ! Ce n'est pas le cas, et la French Team vient en renfort des entrepreneurs (mais aussi des établissements culturels ou des organismes de formation) pour les aider à traiter les sujets avec lesquels ils sont le moins familiers. 
Par ailleurs, nous sommes dans un processus de veille permanente - Cultureveille est d'ailleurs la partie "émergée" de cette veille, que nous partageons volontiers avec tous les acteurs de la culture. Ceci nous permet de rester au courant des dernières tendances du monde de la culture et de l'entrepreneuriat en général, de découvrir les nouvelles solutions qui sont inventées tous les jours, de continuer à nous former nous-mêmes... Pour ensuite pouvoir apporter cette expertise auprès des acteurs de la culture, qui eux n'ont pas forcément le temps ou la capacité à effectuer cette démarche. Ils nous sollicitent, et nous leur proposons la sélection la plus pertinente de méthodes et d'initiatives pour qu'ils puissent développer leur activité.

 

Merci Camille d'avoir répondu à nos questions ! N'hésitez pas à lire ses articles sur Cultureveille.

 Pour en savoir plus sur La French Team, n'hésitez pas à lire l'interview d'Aurélien Guillois, associé de Camille.

Vous pouvez également consulter les témoignages des entrepreneurs déjà rencontrés par Mon cher Watson.

 

Lire l'interview précédente : Créer du lien entre la ville et l'art grâce à un festival de photographie.

Lire l'interview suivante : L'art de construire sa saison culturelle : dans la peau d'une programmatrice

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