Antarctica #1 : immersion polaire grâce à une muséographie innovante

10/10/2016

Depuis le 26 avril 2016, le Musée des Confluences de Lyon présente au public l'exposition Antarctica. Elle retrace l'expédition de Luc Jacquet, Laurent Ballesta et Vincent Munier en Terre Adélie. Pendant 45 jours, ils ont capté, en image et en vidéo, la biodiversité terrestre et sous-marine de l'Antarctique.

Six salles permettent de se plonger dans l'univers antarctique grâce à des reconstitutions, des vidéos, des photos et des ambiances sonores très réussies. En immersion totale, le visiteur est amené à comprendre l'écosystème de la banquise, sur et sous la glace : vent, sons, odeurs, lumière tantôt bleu ou blanche, on s'y croirait presque. Mention spéciale pour la dernière salle, avec ses quatre écrans géants englobants où l'on a envie de rester des heures pour voir les manchots et autres phoques vivre sur la banquise.

Le petit + selon Mon cher Watson : les textes présentés sous forme d'infographies, simples à lire et très visuels, on apprend sans en avoir l'impression. Effet garanti !


Pour parler de cette exposition coup de cœur, nous avons choisi de donner la parole à Jean-François Courant et Ludovic Jokiel. Le premier est chef de projet exposition au sein du Musée des Confluences, le second est co-créateur de l'agence MUTT. Leurs témoignages nous permettent de voir l'exposition d'un point de vue muséographique et du design sonore.

    

- Jean-François Courant, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ? 

Après un stage de fin d’étude de 6 mois au sein du musée des Confluences en 2009, suivi d’un travail (en freelance) de Responsable de la médiation des expositions itinérantes du musée des Confluences, j’ai travaillé dans plusieurs structures scientifiques ou de culture scientifique dans différentes régions de France (Grenoble, Lyon, Amiens, Saint-Etienne) où mes missions consistaient à diffuser ou à permettre la diffusion de connaissances scientifiques via la création d’expositions ou d’ateliers pédagogiques, la rédactions de cartel pour le showroom du CEA, la formation à la médiation d’exposition à caractère scientifique et culturel…  Après près de 7 ans, je suis revenu au musée des Confluences où j’ai pris le poste de chargé d’exposition avec comme première mission l’exposition Antarctica.

 

- Quel est votre rôle au sein du Musée des Confluences ?

En tant que chargé d’exposition au sein du musée des Confluences, mon travail consiste à développer des projets d’exposition. Cela revêt différentes missions comme la rédaction de textes et de scénarios d’exposition à partir de recherches et de consultation d’experts/comités scientifiques ; la coordination des projets d’expositions (entre les différents services du musée, les prestataires, les scénographes…) ; assurer la communication du projet en interne et être en mesure de répondre aux médias ; participer à la formation des médiateurs ; en lien avec le service des procédures du musée, participer à la rédaction des cahiers des charges techniques et des différents documents relevant des marchés publics.

 

 Entrée de l'exposition Antarctica - Musée des Confluences ©David Haffen

 

- Quels sont les enjeux et objectifs de l'exposition Antarctica ? Quel(s) message(s) veut-elle faire passer aux visiteurs ?

Par le décloisonnement des disciplines artistiques et scientifiques, cette exposition invite le public par l’émotion, le merveilleux, à découvrir la beauté de l’Antarctique, et à le sensibiliser à la nécessité de protéger cette biodiversité unique et méconnue.

Alliant une double approche à la fois esthétique et scientifique, mêlant les points de vue sous-marins et terrestres, "Antarctica" est une véritable ode à la biodiversité polaire et à sa protection. Pour la première fois, la banquise apparaît comme une porte entre deux mondes : brutale, balayée par les vents et peuplée de rares espèces au-dessus, sereine et foisonnante de vie au-dessous. Au fil du parcours, l’exposition place le visiteur en équilibre entre ces deux mondes et lui fait vivre une expérience de visite inédite.

 

©David Haffen

 

- L'exposition est présentée comme immersive. En quoi cela consiste-t-il ? Quels sont les procédés muséographiques mis en place pour obtenir ce rendu, cette impression ? En quoi était-ce important pour vous de faire plonger le visiteur dans l'ambiance polaire ? 

Cette exposition joue sur les différents sens du visiteurs, de sorte à le transposer, le temps d’une visite, au cœur de ce continent blanc : immergé dans un univers visuel, sonore et sensitif, fait de films projetés en HD sur des écrans de plusieurs mètres, entouré de bruits naturels (vent, craquements de la banquise, sons sous-marins, chants/cris d’animaux…), le visiteur se retrouve sur, puis sous la banquise, comme si il était lui-même l’un des membres de cette expédition au pôle.

L’immersion se poursuit également dans certains modules de l’exposition grâce à des ventilateurs (habillement dissimulés à la vue des visiteurs) afin de générer une sensation de froid et de vent renforçant ainsi le sentiment d’être sur la banquise. Un module va même jusqu’à reconstituer dans les moindre détails le vestiaire de la base Dumont d’Urville, objets ayant séjourné en Antarctique, mobiliers, sons et même cette odeur particulière que libèrent les combinaisons de plongée néoprènes.

 

©David Haffen


- Vous avez travaillé sur l'ambiance sonore avec l'agence Mutt. Pourquoi l'avoir choisie ? Comment avez-vous travaillé avec ce prestataire ?

Chaque module de l’exposition présentant sa propre scénographie sonore, fait de bruits naturels, de cris d’animaux,… cela nécessitait une maîtrise des techniques sonores particulières afin d’assurer la cohérence des différents modules de l’exposition et la synchronisation des sons et des visuels sans qu’ils n’entrent en dissonance les uns avec les autres. Pour ce projet d’exposition atypique, il a donc fallut concevoir et fabriquer des dispositifs de diffusion sonores innovants puis calibrer et synchroniser l’ensemble de ces éléments, ce qui ne pouvait être fait que par une agence de design musical habituée à ces contraintes. Sur les conseils du coproducteur de cette exposition, Wild Touch, nous avons pris contact avec l’agence Mutt qui s’est chargée avec succès de ces éléments.

©David Haffen

 

Merci Jean-François d'avoir accepté de répondre à nos questions. Nous conseillons vivement à tous d'aller visiter l'exposition Antarctica au Musée des Confluences, ouverte encore jusqu'à la fin de l'année (et d'en profiter également pour vous rendre dans les salles d'expositions permanentes à la muséographie très recherchée).

 

 

Nous vous donnons rendez-vous demain pour l'interview de Ludovic Jokiel de l'agence Mutt pour parler de l'installation sonore de l'exposition.

En bonus : la bande annonce de l'exposition : 

 

Lire l'interview précédente : Créativité et développement personnel par la pratique de la musique

 

Lire l'interview suivante : l'utilisation du son dans une exposition

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