• Aurélie R.

#RENCIESA20 : Les Rencontres IESA Patrimoines et innovations

Si vous êtes un fidèle lecteur de Mon cher Watson, vous savez à quel point nous aimons rencontrer des professionnels de la culture et échanger avec eux sur leur quotidien, leurs projets et leur vision du secteur et de ses évolutions. C'est donc tout naturellement que nous avons rencontré Antoine Roland, fondateur de {CORRESPONDANCES DIGITALES] lors du SITEM 2020.


Parmi ces nombreuses missions, Antoine est intervenant à l'Institut d'Etudes Supérieures des Arts, l'école du marché de l'art et des métiers de la culture. Il accompagne des étudiants dans l'organisation des Rencontres IESA Patrimoine et innovations, et nous sommes ravis d'être partenaire média de cette 3ème édition.


En quoi consiste cette journée d'études ? Quels sont les thèmes qui seront abordés cette année ? Comment se sont-ils organisés en ces temps de restrictions des événements physiques ? Les réponses d'Antoine Roland :


- Bonjour Antoine, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel et {CORRESPONDANCES DIGITALES] ?


Après des études à Sciences Po Lyon, j’ai travaillé pendant 7 ans dans le conseil en stratégie d’entreprises. Passionné par le patrimoine et les mutations à l’oeuvre dans ce secteur, j’ai fondé {CORRESPONDANCES DIGITALES] en 2012.


{CORRESPONDANCES DIGITALES] est une agence qui a pour ambition d’accompagner les projets innovants en médiation et communication des établissements patrimoniaux. Cela se matérialise par :


  • l’animation régulière de formations, d’ateliers et d’événements ;

  • l’appui à la définition de stratégies et à la conception de dispositifs de médiation ;

  • l’aide au développement des publics des établissements patrimoniaux et la valorisation de leurs projets.


Pour mener ces projets, je suis intimement convaincu qu’il faut privilégier une approche en réseaux et œuvrer à tisser des liens entre universités, entreprises innovantes et établissements culturels. {CORRESPONDANCES DIGITALES] intervient donc auprès d’écoles / universités, d’institutions publiques et porteurs de projets culturels privés. Les Rencontres IESA Patrimoines et innovation sont un des exemples manifestes de cette volonté.



- Dans le cadre de vos cours auprès des étudiants de l’IESA, vous organisez, pour la 3ème année consécutive, les Rencontres IESA Patrimoines et innovations. Quel est l’objectif de cette journée d’étude ?


Depuis 2018, en collaboration étroite avec des étudiants en Mastère 2 Patrimoine et tourisme culturel à l’IESA, nous organisons un cycle de Rencontres professionnelles.


Chaque année, nous proposons à une vingtaine de professionnels du monde de la culture de venir échanger dans le cadre d’un événement sur les transformations qu’induisent le numérique et l’innovation dans le secteur patrimonial.


Depuis leur origine, ces Rencontres professionnelles sont ainsi l’occasion d’aborder des enjeux très variés tels que la valorisation culturelle des territoires par les applications mobiles, les expositions immersives, le numérique comme outil de préservation du patrimoine, l’open data, les stratégies d’innovation des institutions culturelles…



Ce projet, mené sur une année universitaire, est avant tout un projet pédagogique pour les étudiants, proposé en deux temps :

  • un temps de montée en compétences sur le numérique et ses implications au premier semestre ;

  • un temps de professionnalisation avec la participation à toutes les étapes du montage d’un événement.


. Au premier semestre, ce module intitulé Dispositifs numériques et exposition a été l’occasion :

  • de partager quelques réflexions sur les enjeux liés au numérique pour les musées et monuments ;

  • de faire monter en compétences les étudiants dans la maîtrise d’outils de veille ;

  • de nourrir leurs recherches par des ressources, des rencontres et des visites terrains. Cette année, nous avons été accueillis à la Monnaie de Paris pour découvrir les dispositifs numériques du parcours muséographique permanent et échanger avec les équipes en charge des publics ;

  • de formaliser une note de synthèse sur les dynamiques d’innovation qu’ils ont pu observer dans le secteur patrimonial, véritable embryon de la programmation des Rencontres au 2ème semestre.


Au 2ème semestre, les étudiants ont été invités :

  • à concevoir une programmation. Nous avons identifié ensemble les thématiques à aborder, les intervenants à mobiliser, la façon dont seront animés les échanges ;

  • à préparer la logistique de l’événement ;

  • à contribuer à la communication de l’événement : élaboration de la stratégie, conception des supports, mobilisation de partenaires médias et diffusion sur le web et les réseaux sociaux. Chaque année, cette communication se renforce et devient plus ambitieuse. D’ailleurs, pour cette édition, nous sommes très heureux d’avoir noué un partenariat avec Mon cher Watson et le Quotidien de l’Art ;-) !



- La prochaine édition aura lieu le 30 juin prochain. De quoi allez-vous parler ?


Pour l'édition 2020 des Rencontres, nous souhaitons proposer un temps de partages d’expériences, de réflexions et d’échanges sur la place des publics dans les stratégies d’innovations des lieux patrimoniaux. 15 intervenant.e.s, expert.e.s dans leurs domaines et issu.e.s d’horizon variés, seront ainsi invité.e.s à prendre la parole pour aborder 3 sujets :



La première Rencontre traitera de la façon dont les publics peuvent être impliqués dans la conception de projets innovants. Ce temps d’échanges sera l’occasion d’illustrer la pluralité des initiatives qui mènent à la mise en oeuvre de projets participatifs, collaboratifs et inclusifs. Florence Raymond (Palais des Beaux-arts de Lille) et Carine Guimbard (Centre des monuments nationaux) témoigneront ainsi de la diversité des projets participatifs qu’elles ont mis en oeuvre pour leurs musées et monuments : numériques, artistiques, muséographiques ou scénographiques. Cyrille Carillon (Association Museomix Suisse) et Simon Houriez (Signes de sens) rappelleront la nécessité d’impliquer une grande diversité des publics pour proposer des stratégies de médiation plus innovantes. Dans le cadre de ces logiques d’innovation participatives, Sofia Roumentcheva (muséologue et doctorante en droit) abordera les contraintes réglementaires auxquelles les lieux culturels doivent faire face.


La deuxième Rencontre sera l’occasion d’évoquer les moyens et informations à la disposition des lieux patrimoniaux pour mieux connaître les visiteurs et leurs usages par les données qu’ils génèrent. Jérôme Irand (Klee Group) et Philippe Archias (Groupe Chronos) insisteront sur la nécessité d’avoir une approche globale et territoriale en lien étroit avec les collectivités locales, les autres acteurs culturels et touristiques. Ludovic Bordes (Arenametrix) et Marie Ganas (CMN) évoqueront, quant à eux, les outils, les moyens et les process à mettre en oeuvre pour être en capacité de recueillir et analyser ces données. Matthieu Decraene (Musée du Louvre) proposera une réflexion sur la façon dont une meilleure connaissance des publics peut contribuer à améliorer l'accueil et l’accompagnement des visiteurs d’un lieu culturel mais aussi les missions de service public qui lui sont confiées.


Enfin, la troisième Rencontre clôturera ce cycle en proposant un temps d’échanges sur les changements de pratiques qu’induisent la participation et la mise à contribution des publics dans des projets innovants et/ou numériques. Nicolas Orsini (Ministère de la culture) dressera un panorama des leviers que mobilisent le Ministère de la culture pour développer ces nouvelles pratiques. Ronan Le Guern (Centquatre) et Pauline Moirez (Bibliothèque nationale de France) illustreront les diversités d’approches de leurs établissements face à ces logiques d’innovation : informelle pour l’un, plus institutionnalisée pour l’autre. Enfin, nous donnerons la parole à Boris Grebille (IESA) et Ewa Maczek (Ocim) pour évoquer la façon dont leurs organismes accompagnent les professionnels, futurs et actuels, pour faire face aux mutations du secteur patrimonial.


Cette année, les Rencontres seront animées par Sarah Hugounenq, journaliste indépendante spécialisée dans l’économie de la culture et les politiques culturelles, qui apportera son dynamisme et sa synthèse de journaliste. Chaque rencontre sera ponctuée par une ouverture vers l’international portée par Elisabeth Gravil, experte en stratégie marketing et communication internationale.


Rencontres IESA 2019


- Avec la crise sanitaire et les règles sanitaires pour lutter contre le coronavirus, les rencontres 2020 auront lieu sous format webinaire. Concrètement, comment cela va-t-il se passer ?


Initialement prévues en physique à l’Hôtel de Sully, siège du Centre des monuments nationaux, le 28 avril, nous avons, en effet, décidé de nous réorienter sur un cycle de 3 webinaires le 30 juin sur la plateforme Livestorm. Nous souhaitions un accès le plus simple possible pour nos intervenant.e.s et nos participant.e.s : un lien suffit pour se connecter. Ce format en ligne peut aussi être considéré comme une opportunité car il permettra à chacun.e de suivre en direct ou en différé les Rencontres sans limite de jauge physique.


Les inscriptions sont ouvertes depuis le 2 juin. Les participants peuvent participer à l'une ou l'autre des 3 Rencontres en fonction de leurs choix et de leurs contraintes horaires. Nous attendons a minima 700 participants. En 2 jours, nous enregistrons déjà 250 inscriptions.


En terme d’animation, nous travaillons actuellement en lien étroit avec Sarah Hugounenq et chacun.e des intervenant.e.s pour proposer un format le plus participatif possible. Les présentations seront brèves et les temps d’échanges avec les publics les plus développés possibles. Pour mener à bien cette ambition, nous mettons sur pied avec les étudiants un dispositif d’animation et de modération des questions qui seront posées. Par ailleurs, pour mieux fixer les différents échanges, nous préparons avec Emeline Parizel (Facilitatrice graphique, KLEE GROUP) une restitution graphique de chacune de ces Rencontres qui sera proposée en direct et consultable, bien sûr, suite à ces Rencontres.


Tout sera fait aussi pour restituer le plus largement possible ces Rencontres. Chacun des partenaires organisateurs (IESA, {CORRESPONDANCES DIGITALES] et incubateur du patrimoine du CMN) s’est engagé à publié un article bilan sur son site web. Nous avons aussi noué des partenariats médias avec le Quotidien de l’Art et Mon cher Watson : annonce de l'événement mais également articles de fonds seront disponibles pour leurs lecteurs après l'événement.



- Cette année, vous organisez les rencontres en partenariat avec le Centre des monuments nationaux. Pourquoi ?


Chaque année, nous choisissons un partenaire qui accueille les Rencontres. En 2019, c'était La Monnaie de Paris, cette année, le CMN. Le Centre des monuments nationaux est à la pointe de projets innovants patrimoniaux depuis de nombreuses années. Depuis 3 ans, il a lancé un programme d’incubation - L’incubateur du patrimoine - pour accompagner des porteurs de projets culturels dans la mise en oeuvre d’expérimentations pour les monuments de son réseau.

Il nous avait semblé tout naturel de proposer à Valérie Senghor, directrice adjointe du CMN, d’intervenir l’année dernière aux Rencontres IESA. A la fin de celles-ci, elle nous avait proposé d'accueillir l’édition 2020 en ces locaux. Réalisant de nombreux projets pédagogiques avec cette institution, nous avons donc accepté avec plaisir !

Au-delà de cette marque d’hospitalité, le CMN a contribué à enrichir de façon significative la programmation et la communication de cet événement.



Plus que jamais, nous avons besoin de rencontres, de partages, de retours d'expériences et de réflexions pour nous aider, acteurs culturels, à traverser la crise que nous vivons, nous attendons donc un public nombreux le mardi 30 juin !


Pour vous inscrire aux Rencontres IESA Patrimoine & innovations 2020 : C'est par ici !

Mon cher Watson vous donne rendez-vous le 6 juillet pour une enquête détaillant un sujet débattu pendant cette journée !

Lire d'autres Enquêtes sur les thèmes Patrimoine, Musées ou du Numérique.

Lire l'enquête précédente : Muséographe, un métier aux multiples facettes

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