• Géraldine B.

Indépendants du secteur culturel : repenser son quotidien et préparer l’« après »

De nombreux indépendants travaillaient déjà à domicile avant le confinement imposé pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. Pourtant, la donne a changé, et au-delà des difficultés à poursuivre les prestations engagées (ou prévues), c’est toute une conception du travail et des relations professionnelles qui évolue dans les esprits.


Anne Létondot, dont le travail artistique et de communication nous avait déjà séduit, évoque avec nous ce quotidien quelque peu chamboulé.


- En tant qu'indépendante, quelles sont les implications de la crise sanitaire et du confinement sur votre activité ?

J'exerce mon activité d'illustratrice spécialisée dans le patrimoine sous le statut de la micro-entreprise. Avec la crise, l'une des différences majeures est que l'envoi des illustrations est reporté. J'ai fait le choix de laisser ma boutique en ligne ouverte, afin de tenter d'avoir un revenu stable. Mais par solidarité pour ceux travaillant toujours « dehors » et qui sont exposés au virus, les envois sont différés. Les clients ont bien accueilli cette décision et ils sont compréhensifs.


J'ai la chance de pouvoir travailler à distance et aucun stock particulier ne m'est nécessaire. Il faut juste croiser les doigts pour que mon matériel informatique ne tombe pas en panne durant le confinement ! Pour les réalisations d'illustrations sur mesure, les particuliers, confinés chez eux, ont du temps pour prendre en photo leurs maisons et échanger avec moi. Et le terme « maison de famille » n'a jamais eu autant de sens qu'en ce moment. Je serai heureuse de retrouver mon imprimeur à la fin du confinement, pour lui confier l'ensemble des mes impressions qui seront ensuite expédiées.

Les entreprises avec lesquelles je travaille habituellement mettent plus de temps à « accuser le coup », ce qui est tout à fait normal et compréhensible. Il faut du temps pour que chacun trouve son rythme de croisière et pour que chaque entreprise ou institution crée de nouvelles manières de travailler. Aussi, beaucoup de rendez-vous ont été reportés. Mais ce n'est que partie remise.


Il faut aussi se rendre à l'évidence : tout ne sera pas rose. Je devais participer à un salon d'entrepreneurs et à un marché de créateurs à la fin du mois de mars, qui ont bien évidemment tous deux été annulés. Aussi, la boutique d'artisanat dans laquelle certaines de mes illustrations sont disponibles a fermé ses portes. Cela représentera un manque à gagner pour le mois de mars.


La crise aura donc un impact sur mon chiffre d'affaire, mais ce n'est pas pour autant que le moral n'est pas là. En tant qu'entrepreneure, j'ai choisi de m'adapter à la situation, et de tout faire pour rebondir au mieux.


- Justement, comment adaptez-vous votre quotidien au confinement ?

J'ai la chance d'avoir toujours travaillé en homeoffice, ce qui a facilité l'adaptation de mon activité à ce confinement. Je n'ai pas d'enfants et mon mari fait partie des personnes mobilisées pour lutter contre le coronavirus, donc il travaille. Finalement, notre rythme quotidien n'a pas encore été très impacté.


Par contre, les journées semblent étrangement plus longues. Alors j'ai pris le taureau par les cornes, et je me suis fixée de nouveaux objectifs à court terme : rédiger du contenu, nouer des contacts sur LinkedIn et ailleurs, être plus proche de ma communauté sur les réseaux sociaux...


Un point important dans ma routine quotidienne en ce moment : la formation. Beaucoup de coachs ou d'entrepreneurs mettent en place des formations ou conférences gratuites durant ce confinement. Alors hors de questions de passer une semaine sans assister à une ou deux vidéo-conférences ! Et en plus de se former, ça nous impose un horaire qui va organiser notre journée. Alors je vous conseille vivement de profiter de ce contenu gratuit mis à votre disposition !


Le ralentissement de mon activité me permet aussi de réfléchir à de nouvelles collaborations et prospecter pour des partenariats à venir. C'est aussi le moment idéal pour créer du lien avec d'autres entrepreneurs dans le monde du patrimoine. « Il n'est pas bon pour un entrepreneur de rester seul ». Par exemple, j'ai longuement échangé la semaine dernière avec Christian Clarke de Dromantin, co-fondateur de Patrivia. De notre conversation téléphonique naîtra un article sur mon blog qui sortira la semaine prochaine. Qui sait, sans ce confinement, nous n'aurions pas échangé de cette manière !


- Vous semblez donc préparer dès à présent l'après-coronavirus : comment envisagez-vous les choses ?

Je suis en effet quelqu'un qui ne sait pas rester inactive. Alors je mets à profit ce temps pour penser à l'«après ». Je suis une bosseuse acharnée et le travail est mon refuge. Produire du contenu et développer mon entreprise est ma manière de « gérer » la crise.


Avant le début du confinement, j'étais théoriquement dans une phase d'ancrage de mon entreprise, avec un processus de développement encourageant. Les choses ont quelque peu été ralenties, mais je suis toujours confiante. Le patrimoine aura toujours besoin d'être mis en valeur, et je serai là pour répondre à l'appel !


Merci Anne pour ce témoignage et votre esprit positif malgré les difficultés, portez-vous bien et bon courage pour les semaines à venir !



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