• Aurélie R.

3 questions à... Musée de l'Imprimerie de Lyon

Pour le premier "3 Questions à" de 2020, Mon cher Watson vous emmène à Lyon dans l'un des 28 musées de la métropole : au Musée de l'Imprimerie et de la Communication graphique.

Situé en plein cœur du centre-ville de la capitale des Gaules, le Musée de l'Imprimerie présente aux visiteurs l'histoire du livre, de l'image et du graphisme grâce à une impressionnante collection imprimée.


Bernadette Moglia, chargée de communication, nous présente ce lieu chargé d'histoire et d'images !


- Bonjour Bernadette, présentez-nous le musée ?

Le musée a ouvert ses portes en 1964. Il a été créé par Maurice Audin, maître-imprimeur lyonnais. La famille Audin est l'une des familles importantes de Lyon, Amable, frère de Maurice, a créé le musée archéologique de Fourvière, aujourd’hui Lugdunum. Leur père Marius fut un imprimeur érudit de l’entre-deux-guerres, historien de l'imprimerie, particulièrement l'imprimerie lyonnaise. Le musée est situé dans un beau bâtiment Renaissance, édifié au milieu du XVe siècle.

Le bâtiment et sa cour, rares exemples d’architecture Renaissance dans l'environnement haussmannien de la Presqu’ile de Lyon, sont à eux seuls une raison de venir au musée. Mais le musée de l'Imprimerie et de la Communication graphique c'est surtout l'un des plus importants musées de France et d'Europe dans son domaine par son exceptionnel patrimoine, constitué par son fondateur Maurice Audin et enrichi au fil des ans. Le musée a fêté son cinquantenaire en 2014 en ajoutant "et de la communication graphique" à son appellation, affirmant ainsi qu'il ne se cantonne pas à l’histoire du livre. La communication graphique est un vaste terrain d'exploration, qui commence avec les premières écritures et se poursuit avec les créations numériques des graphistes contemporains. On aura découvert, avant cette récente étape, l'estampe, le livre, l'affiche, la presse, la création de caractères typographiques, bref, tout ce qui nous entoure au quotidien et que parfois nous ne voyons même plus !


- Racontez-nous une anecdote sur le musée ?

A l’occasion du cinquantième anniversaire du musée de l’Imprimerie et de son changement de nom en musée de l’lmprimerie et de la Communication graphique, j’ai réalisé l’édition du Catalogue déraisonné du musée qui rassemble 50 textes de spécialistes, graphistes, historiens du livre, professionnels de la chaîne graphique, qui ont écrit chacun(e) quelque chose sur un objet, un document, chers à leur cœur dans le musée ou alors sur une anecdote de leur vie professionnelle. L’ouvrage est sorti avec des textes à la fois scientifiques et amusants, parfois décalés (c’était le deal pour les auteurs) et il a eu beaucoup de succès ; suite aux demandes nombreuses nous faisons une deuxième édition en 2020.


Presse d'imprimerie

- Quel est votre objet préféré ?

Mon objet préféré est le Fougéadoire, qui se trouve dans l’espace dédié à la lithographie au deuxième étage du musée. Personne ne sachant ce que c’est, pour briller dans les soirées c’est l’idéal !

Cette machine en forme de trampoline miniature est mentionnée comme « l’œuvre mystère » dans le dépliant de présentation du musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique, Lyon. Sans le cartel d’explication, il est bien difficile de deviner que cet équipement inventé au XIXe siècle, utilisé en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas et en France, a joué un rôle relativement important dans le développement de la lithographie. Sa mission principale : permettre l’agrandissement ou la réduction d’une image imprimée en lithographie.

Il se compose principalement de deux parties métalliques : un cadre intérieur réglable et amovible maintient une feuille de caoutchouc indien, un cadre extérieur permet d’agir sur la tension de la feuille de caoutchouc au moyen d’écrous et de vis.

La pièce centrale du Fougéadoire est la feuille de caoutchouc indien, recouverte d’une couche de gomme ou de colle. Pour modifier le format d’une lithographie, il fallait placer cette feuille de caoutchouc sur la pierre comportant l’image dessinée, puis on passait le tout sous la presse ou sous un rouleau d‘acier très lourd, afin que le dessin soit transféré sur le caoutchouc.  Il suffisait ensuite de mettre la feuille en tension à l’aide des écrous disposés sur l’appareil. On étirait et agrandissait l’image sur toute la surface de la pierre, puis on reportait cette image modifiée sur une nouvelle pierre. 

Les images peuvent être agrandies ou réduites de 50%. La réduction donne de meilleurs résultats car le fait d’agrandir fait apparaître les défauts du dessin original. Comme pour nos images numériques actuelles !

Au-dessus de la machine Fougéadoire présentée au musée se trouve une publicité pour un constructeur de « réducteurs de chromolithographies » qui fait apparaître un résultat très satisfaisant d’une réduction d’image.


Fougéadoire

Les vacances d'hiver approchent, si vous passez sur Lyon (ou si vous habitez dans la région, comme Mon cher Watson), n'hésitez pas à aller visiter le musée de l'Imprimerie et de la Communication Graphique :





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